BLACKROCK INVESTMENT INSTITUTE

L’annonce d’un vaccin redessine les perspectives pour 2021

L’actualité prometteuse des vaccins contre la Covid-19 renforce la probabilité d’une nouvelle accélération de la reprise économique en 2021 ; ainsi, la perte d'activité cumulée due aux répercussions de la pandémie devrait être beaucoup plus réduite que celle qui avait suivi la crise financière mondiale. Nous demeurons avant tout attentifs à la volatilité du marché que pourraient engendrer la résurgence des cas d’infection au coronavirus et les nouvelles mesures restrictives consécutives, au cours des mois à venir.

Points clés

  • Les nouvelles encourageantes d’un vaccin à venir contre la Covid-19 confortent nos espoirs d’une reprise plus forte de l'activité, qui pourrait à son tour épauler la relance menée par les autorités pour pallier les pertes de revenu.
  • L'annonce de la mise au point d’un vaccin a provoqué une réorientation marquée du marché en faveur du facteur Value et des petites capitalisations ; cette évolution s’est toutefois démentie plus tard dans la semaine lorsque les inquiétudes de court terme liées au coronavirus ont repris le dessus.
  • Les chiffres de la production industrielle chinoise publiés cette semaine confirmeront probablement la reprise en cours dans le pays ; pour leur part, les données américaines ne reflèteront peut-être pas encore la récente aggravation de la dynamique du virus.
Paragraph-2
Paragraph-3
Paragraph-4,Accordion-1,Paragraph-5,Accordion-2,Paragraph-6,Accordion-3

Graphique de la semaine

Perte de PIB américain provoquée par la crise financière mondiale, comparée à celle entraînée par le choc pandémique

Perte de PIB américain provoquée par la crise financière mondiale, comparée à celle entraînée par le choc pandémique.


Sources : BlackRock Investment Institute, ainsi que des données de Reuters News, novembre 2020. Notes : La ligne verte indique la somme cumulée de la différence entre le PIB américain réel et celui qui aurait été obtenu si sa croissance s’était maintenue à son niveau tendanciel d’avant la crise financière mondiale (3,4 % par an en termes nominaux), et ce à partir de 2007. La ligne jaune continue estime la perte totale de PIB américain sur deux ans à partir du dernier trimestre de 2019, sur la base des prévisions médianes d'un sondage Reuters réalisé auprès d’économistes et publié le 25 septembre 2020. La ligne orange continue indique quant à elle notre estimation sur ces deux mêmes années, dans l’hypothèse de nouvelles mesures  restrictives ou de confinement. Les lignes en pointillé, pour leur part, représentent nos prévisions de croissance tendancielle à l’issue de ces deux années. À titre indicatif uniquement. Il n'existe aucune certitude que les prévisions présentées se réalisent. L’estimation que nous fondons sur une hypothèse (ligne orange continue) est sujette à des limites significatives, car la pandémie est évolutive et nous ne pouvons pas évaluer avec certitude l’effet potentiel d’un arrêt de l’activité économique qui deviendrait plus sévère.

L'analyse classique du cycle économique ne nous semble pas s’appliquer au choc provoqué par la Covid-19 ; en effet, ce dernier s'apparente davantage aux répercussions d'une catastrophe naturelle. Les bonnes nouvelles se multipliant quant à l’arrivée prochaine d’un vaccin, nous sommes de plus en plus convaincus que la perte d'activité cumulée résultant de ce choc devrait être limitée, et nettement inférieure à celle observée après la crise financière mondiale – et ce, même si nous prévoyons que la résurgence de nouveaux cas d’infection et les restrictions qui vont s’ensuivre perturberont la reprise à court terme (cf. le graphique ci-dessus). Certes, plusieurs mois s’écouleront encore avant la mise à disposition d'un vaccin mais, ce qui change la donne, c'est que l’on sait maintenant que l’on y parviendra ; les États comme les entreprises ont désormais une meilleure visibilité quant à l’après-Covid-19. Notamment, les difficultés qui pourraient surgir à court terme devraient être plus faciles à accepter, et la confiance dans le plan de relance, plus grande. Les dommages durables infligés à l’économie devraient pour leur part être d’autant plus limités, et un nouveau soutien des autorités plus probable. Ceci étant, le risque d’une interruption prématurée de la phase de relance budgétaire, en particulier aux États-Unis, demeure bien réel. Nous estimons toutefois que l’arrivée annoncée de futurs vaccins constitue un environnement favorable aux actifs risqués, à l'approche de 2021.

Les gérants de portefeuille et les dirigeants de BlackRock se sont réunis virtuellement la semaine dernière à l’occasion de notre Forum sur les perspectives 2021, afin de débattre de ce que nous considérons être une nouvelle ère pour l’investissement. La pandémie a accéléré les transformations de nos économies et de nos sociétés dans quatre domaines : l’investissement durable, les inégalités sociales, les relations internationales et la double révolution monétaire et fiscale. Une évolution radicale vers la durabilité était déjà en cours, la pandémie n’a fait que l’accentuer en soulignant certains facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) jusque-là sous-estimés, tels que la sécurité des employés et l'intégrité des chaînes d'approvisionnement.  

La pandémie accélère également les tendances géopolitiques déjà existantes, telles que la transition vers un ordre mondial bipolaire États-Unis - Chine, ou l’établissement d’une nouvelle cartographie des chaînes d'approvisionnement globales. Cette évolution pourrait être résumée de façon assez simple : l'économie mondiale est en train de se recentrer, et passe d'un schéma axé sur l’efficacité des coûts et la rentabilité à court terme à un système qui accorde une plus grande importance à la résilience à long terme. La diminution de la spécialisation à l’échelle mondiale devrait probablement entraîner une hausse des coûts de production.

Les perspectives d'inflation ont été au centre de nos débats. La pandémie a favorisé de nouvelles tendances structurelles, et notamment une véritable révolution en termes de politiques budgétaire et monétaire, qui instaure une coordination renforcée entre ces dernières. Les banques centrales sont de plus en plus tolérantes vis-à-vis des dépassements de leurs cibles d'inflation – après que le monde a connu une période de sous-inflation persistante –, et la coordination budgétaire et monétaire mise en place contraint les autorités à maintenir les taux d'intérêt bas malgré une pression croissante sur les prix. Associée à la hausse des coûts de production résultant de la réorganisation des chaînes d'approvisionnement globales, et à l'attention accrue portée à la durabilité, cette situation laisse présager une inflation plus élevée à moyen terme. Il s'agit là d'un changement auquel les marchés ne sont pas préparés, même si, à court terme, les efforts de réduction des coûts menés par les entreprises pourraient atténuer un tant soit peu la pression sur les prix.

Les investisseurs doivent adapter leurs portefeuilles à l’accélération de ces tendances, et particulièrement à une inflation plus forte dans les années à venir. Ces constats confortent notre choix d’une sous-pondération stratégique dans les obligations nominales et notre préférence pour leurs homologues indexés sur l'inflation, ainsi que notre conviction qu’une allocation favorable au moteur de croissance que représente l'Asie et aux marchés privés sera cruciale pour assurer une diversification valable dans le monde post-Covid-19. Nous privilégions également les actifs durables, car la durabilité est en train de devenir la source fondamentale de la résilience des portefeuilles. Si l’accès futur à un vaccin est maintenant certain, il n’en demeure pas moins des implications sectorielles majeures car le choc pandémique créé des gagnants et des perdants en termes structurels. Les grandes entreprises technologiques devraient maintenir leurs marges élevées, notamment si le Sénat américain reste à majorité républicaine ; a contrario, les compagnies aériennes devraient figurer parmi les perdants potentiels, alors que les voyages d'affaires ne reprennent que lentement. La publication prochaine de nos Perspectives globales pour 2021 sera l’occasion de vous livrer plus de détails.

Revue des actifs
Performance 2020 d’une sélection d’actifs : performance à date et fourchette de performance

Performance 2020 d’une sélection d’actifs : performance à date et fourchette de performance

Les performances passées ne présagent pas des performances actuelles ou futures. Les indices ne sont pas gérés. Il n’est pas possible d'investir directement dans un indice. Sources : BlackRock Investment Institute, ainsi que des données de Refinitiv Datastream, novembre 2020. Notes : Les deux extrémités des barres horizontales indiquent, pour l’une, la performance la plus basse, pour l’autre, la performance la plus haute, observées depuis le début de l’année ; les points représentent pour leur part la performance cumulée depuis le début de l'année. Les performances des actifs émergents et des obligations mondiales High Yield et de qualité Investment Grade s’entendent en USD ;  les autres performances s’entendent en devise locale. Les indices et les cours pris en compte sont les suivants : cours spot de l’or, indice Datastream 10-year benchmark government bond (U.S., German and Italy), indice MSCI USA, indice Bank of America Merrill Lynch Global Broad Corporate, indice MSCI Emerging Markets, indice J.P. Morgan EMBI, indice Bank of America Merrill Lynch Global High Yield, indice ICE U.S. Dollar (DXY), indice MSCI Europe et cours spot du pétrole Brent brut.

Les bonnes nouvelles au sujet de l’arrivée d’un vaccin ont provoqué une réorientation marquée vers le facteur Value et les petites capitalisations, une évolution qui s’est toutefois démentie plus tard dans la semaine lorsque les inquiétudes de court terme relatives au coronavirus ont repris le dessus. L’accès à des vaccins efficaces devrait permettre une reprise plus forte et plus rapide de l’activité, et réduire le risque de dommages durables infligés à l’économie. Cependant, la résurgence actuelle des cas d’infection et les mesures restrictives consécutives prises par les autorités pourraient perturber le redémarrage économique à court terme.

La semaine à venir

16 nov. Production industrielle et ventes au détail chinoises
17 nov. Production industrielle américaine
19 nov. Indice manufacturier de la Réserve Fédérale de Philadelphie pour novembre
20 nov. Indice flash composite (Jibun Bank) des directeurs d’achats japonais

Cette semaine, ce sont les chiffres du secteur manufacturier qui retiendront l'attention. La production industrielle chinoise devrait avoir augmenté pour le septième mois consécutif en octobre, selon une enquête Reuters, grâce à une reprise économique bien engagée dans le pays. Les données relatives au secteur manufacturier américain ne reflèteront peut-être pas encore l’incidence de la résurgence du coronavirus, mais la reprise de l'activité pourrait dans tous les cas ralentir à court terme si les mesures de restriction devaient se durcir.

  

L’activité économique au point mort

 

Les nouvelles encourageantes entourant l’obtention de vaccins contre la Covid-19 confortent nos espoirs d’une accélération de la reprise économique en 2021, et ce malgré d’éventuelles perturbations de l’activité à court terme dues à la résurgence des infections au coronavirus et aux mesures de restriction consécutives.

    • La forte hausse des taux d'hospitalisation relatifs à la Covid-19 en Europe a entraîné des reconfinements au niveau local et national, quoique moins sévères qu'au printemps. Le nombre de nouveaux décès en Europe est en augmentation, et les États-Unis ont enregistré pour leur part un nombre record d'hospitalisations, ainsi qu'une croissance rapide du nombre de cas et une hausse des décès.
    • Les dommages durables infligés à l’économie globale semblent pour le moment limités ; l'adaptation à un monde post-Covid-19 pourrait cependant être douloureuse, notamment pour les secteurs d’activité où le contact physique joue un rôle essentiel, dans le cas où la mobilité demeurerait entravée pour une longue période.
    • Conséquences pour les marchés : Nous maintenons une position modérément pro-risque, que nous illustrons en surpondérant les obligations High Yield sur un horizon stratégique comme tactique. Nous surpondérons les actions émergentes dans leur ensemble, les actions asiatiques, hors Japon, et le facteur taille aux États-Unis, sur une base tactique, et avons décidé de ne plus surpondérer les actions européennes.
Des mesures de soutien radicales

 

La riposte budgétaire et monétaire conjointe, et coordonnée, qui a été enclenchée face au choc pandémique n’a été rien de moins qu’une révolution. La Réserve fédérale américaine (Fed) a montré le chemin aux principales banques centrales, qui font elles aussi évoluer leurs cadres de contrôle de l’inflation afin de laisser cette dernière dépasser volontairement leurs objectifs – une démarche souhaitable dans le contexte actuel, mais dont l'absence de garde-fous appropriés fait naître des inquiétudes.

    • Notre analyse montre que la somme des montants du soutien monétaire et de la relance budgétaire est suffisante pour compenser les répercussions économiques du coronavirus, aux États-Unis comme dans la zone euro. Le soutien des autorités, sur un plan budgétaire comme monétaire, demeure toutefois crucial avant que ne puissent être déployés des vaccins efficaces.
    • Le risque croît d’un essoufflement du soutien apporté jusqu’ici. Aux États-Unis notamment, il est à craindre que la reprise ne pâtisse de l’absence de nouvelles mesures de relance budgétaire : en effet, une administration Biden pourrait ne pas être en mesure de mettre en œuvre ses principaux projets politiques, et notamment un accroissement significatif de la dépense publique. La Banque centrale européenne (BCE) s’est pour sa part engagée à prendre de nouvelles mesures lors de sa réunion de politique monétaire de décembre.
    • Le fonds de relance européen qui a été instauré – une action historique – institue une dette mutualisée et crée des obligations européennes émises collectivement, qui pourront venir concurrencer d’autres actifs considérés comme des valeurs refuge. Le parlement européen, comme les parlements des États membres, doivent cependant encore l’approuver.
    • Le flou maintenant entretenu entre politiques monétaire et budgétaire rend impératif que la coordination globale des politiques soit assortie de garde-fous adéquats. En l’absence de ces derniers, le risque est grand que les principales banques centrales perdent le contrôle des anticipations d'inflation par rapport à leurs niveaux d’inflation cibles. Associé à d'autres changements structurels accélérés par la Covid-19, tels que la démondialisation, cela pourrait conduire à une inflation plus élevée durant les cinq prochaines années.
    • Conséquences pour les marchés : Nous sous-pondérons les emprunts d'État nominaux et privilégions les obligations indexées sur l'inflation sur un horizon stratégique comme tactique. Sur une base tactique, nous donnons notre préférence aux obligations High Yield, et estimons que les actions américaines pourraient pâtir à la fois d’un essoufflement de la relance budgétaire aux États-Unis et du dénouement de positions trop élevées dans le secteur des technologies.
Les règles de resilience des portefeuilles

 

L’extrême accentuation des tendances structurelles fait évoluer la nature de la diversification des portefeuilles. Les pays, comme les secteurs et les entreprises, doivent redevenir des leviers de diversification dans un monde toujours plus fragmenté, et permettre ainsi d’offrir une plus grande résilience face à ces tendances.

    • La solidité des portefeuilles ne peut pas reposer sur la seule diversification entre grandes classes d’actifs. Les investisseurs doivent rechercher des sources de performance alternatives, qui pourront les assurer d’une bonne diversification.
    • Mettre l’accent sur le développement durable peut être un moyen de renforcer la résilience des portefeuilles. Nous sommes convaincus que la pratique de l'investissement durable, qui constitue une évolution profonde du paysage financier, soutiendra les performances dans le futur (le choc provoqué par le coronavirus devrait d’ailleurs accélérer cette tendance).
    • Conséquences pour les marchés : Nous privilégions les actifs durables, les marchés privés et une diversification volontairement axée sur les pays, sur une base stratégique. Nous surpondérons le facteur qualité sur un horizon tactique, et favorisons les actifs qui bénéficient des mesures de soutien qui ont été prises.
Jean Boivin
Directeur du BlackRock Investment Institute (BII) et Membre du Comité Exécutif de BlackRock pour la région Europe, Moyen Orient et Afrique.

Ce document est destiné aux clients professionnels (dont la définition est donnée dans le Règlement de la FCA) et aucune autre personne ne doit y prêter foi.

Émis dans l'EEE (Espace Economique Européen) par BlackRock (Netherlands) BV : Amstelplein 1, 1096 HA, Amsterdam, Tel : 020 - 549 5200, Registre du commerce n° 17068311. Pour plus d'informations, veuillez consulter le site Internet : www.blackrock.fr. Pour votre protection, les appels téléphoniques sont généralement enregistrés. Pour plus d'informations, y compris les détails de notre politique de confidentialité, veuillez consulter le site Web à l'adresse https://www.blackrock.com/fr/intermediaries/compliance/politique-de-confidentialite. BlackRock est un nom commercial de BlackRock (Netherlands) BV.

La performance passée ne préjuge pas de la performance future et ne doivent pas constituer le seul critère de sélection d’un produit. La valeur des investissements et le revenu en découlant peuvent baisser comme augmenter et ne sont pas garantis. L’investisseur n’est dès lors pas assuré de récupérer son investissement initial. Les niveaux et les assiettes d’imposition peuvent varier au fil du temps.

Toute recherche utilisée dans ce document a été fournie et ne peut être utilisée que par BlackRock à ses propres fins. Les résultats de cette recherche ne reflètent pas nécessairement l’opinion d’une société du groupe BlackRock ou d’une de ses entités et il n’existe aucune garantie quant à leur exactitude.

Ce document n’est pas destiné à être invoqué comme une prévision, une recherche ou un conseil en investissement. Il ne constitue pas une recommandation, une offre ou une sollicitation d’acheter ou de vendre des titres ou d’adopter une quelconque stratégie d’investissement dans un pays où une telle offre, sollicitation ou distribution serait illégale ou dans lequel la personne faisant une telle offre ou adressant une telle sollicitation n’y serait pas habilitée, ou bien dans lequel il serait illégal de faire une telle offre ou d’adresser une telle sollicitation à son destinataire. La responsabilité de connaître les lois et règlements en vigueur dans votre pays de résidence vous incombe.

© 2019 BlackRock, Inc. Tous droits réservés. BLACKROCK, BLACKROCK SOLUTIONS, iSHARES, CONSTRUIRE AVEC BLACKROCK, SO WHAT DO I DO WITH MY MONEY et le logo i stylisé sont des marques commerciales déposées ou non de BlackRock, Inc. ou de ses filiales aux États-Unis ou ailleurs. Toutes les autres marques commerciales appartiennent à leurs propriétaires respectifs.

MKTGM1120E/S-1414146