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Risque de perte en capital. La valeur des investissements et les revenus qui en découlent peuvent baisser comme augmenter et ne sont pas garantis. Les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant initialement investi.
Bettina : En septembre 2025, l’étude OpinionWay pour BlackRock a interrogé plus de 1000 Français afin de mieux comprendre comment leurs réflexes et leur psychologie influençaient leurs décisions d’investissement.
Parmi les tendances fortes, il y a le biais de familiarité : cette propension à privilégier ce que l’on connaît. Edouard, Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce biais ?
Edouard : Oui Bettina, d’autant plus que ce biais est souvent renforcé par la volatilité des marchés
Ce biais se définit comme la tendance inconsciente à favoriser ce qui nous est familier. Concrètement, nous accordons une confiance plus élevée dans des investissements que nous connaissons : ainsi, nous minimisons le risque associé à ce placement et surévaluons les perspectives de gains.
C’est évidemment un écueil important car la perception du couple risque / rendement et donc les critères clés de décision s’en trouvent affectés.
A l’instar des réponses de l’étude, cette familiarité peut prendre différentes formes : 56 % des Français favorisent des investissements dans des secteurs ou entreprises familiers, 39 % choisissent un secteur connu et 17 % investissent localement.
S’il est rassurant d’investir dans ce que l’on connait, cette philosophie d’investissement est trompeuse car nous posons alors une limite dans les possibilités d’investissement. Selon nos connaissances, nous écartons en effet des investissements qui seraient susceptibles d’apporter une diversification et ainsi de lisser la volatilité des performances.
Bettina :
C’est bien sur normal de se sentir rassuré quand on investit dans ce qu’on connaît déjà.
Mais attention, ce réflexe peut nous jouer des tours ! On a tendance à sous-estimer les risques juste parce qu’on pense bien maîtriser le sujet, alors qu’en réalité, on passe parfois à côté d’opportunités intéressantes ou on se prive de diversification.
Pour éviter ce piège, il faut oser sortir de sa zone de confort : par exemple, tester de nouveaux marchés avec de petites sommes, pour de se familiariser sans prendre trop de risques d’un coup. C’est aussi très utile de demander l’avis de personnes extérieures et de varier ses sources d’information, pour ne pas rester enfermé dans ses habitudes.
Et surtout, pensez à diversifier vos placements : plus on diversifie, plus on limite les risques liés à un seul secteur ou à une seule zone géographique. Bref, l’idée, c’est de rester curieux, ouvert, et de ne pas se laisser guider uniquement par ce qui nous est familier.
C’est la tendance à faire davantage confiance à ce qui nous est familier ou proche, à ce qu'on connaît le mieux, et à le favoriser par rapport à d'autres options.
Bettina : En septembre 2025, l’étude OpinionWay pour BlackRock a interrogé plus de 1000 Français afin de mieux comprendre comment leurs réflexes et leur psychologie influençaient leurs décisions d’investissement.
Et l’un des biais les plus fréquents, c’est le biais de récence.
Le sondage met en exergue le fait que la majorité des investisseurs interrogés (79 %) comprennent l’importance de la vision long terme, ce qui est un bon réflexe.
Cependant, 20 % restent influencés par les performances récentes, ce qui peut mener à des décisions impulsives ou à un manque de diversification.
Voilà un écueil que les Français évitent dans une certaine mesure avec succès. Edouard, pourquoi ce réflexe est-il si difficile à éviter ?
Edouard : En effet Bettina, vous avez raison de parler de réflexe tant il nous semble naturel de se raccrocher au passé récent.
Le biais de récence se définit tout simplement comme la capacité à se souvenir plus facilement des dernières informations reçues. Ce sont celles qui nous paraissent également comme les plus solides, les plus tangibles pour se projeter dans un futur incertain.
S’il n’y a bien entendu rien de dérangeant à se souvenir plus facilement des dernières informations, cela devient problématique dès que notre processus de décision accorde davantage d’importance à ces informations, non pas pour leur pertinence, mais uniquement parce que ce sont celles dont on se souvient.
Dans l’exemple que vous avez mentionné ce sont les performances récentes d’un placement auxquelles que nous avons tendance à donner trop d’importance. Or, il est évident que la pertinence d’un investissement s’apprécie pour ce qu’il pourra délivrer comme performances et non simplement pour l’historique récent.
Bettina :
En matière d’investissement, il est nécessaire de raisonner sur une notion de cycle (un cycle de marché, typiquement 5 ans) et ainsi de ne pas s’arc-bouter les performances des derniers mois. Il faut juger la pertinence et le niveau de risque d’une solution au regard d’un horizon moyen terme.
Cet horizon moyen terme est clé pour jauger de la performance passée : comment la solution pressentie s’est-elle comportée en creux de cycle ? Cette solution a-t-elle permis aux investisseurs de capter la hausse du marché ?
Il est naturel de retenir les informations les plus récentes, mais on peut aussi prendre de la hauteur et de la perspective en essayant de retenir des informations plus anciennes (même littéralement en gardant des documents et en s’y reportant régulièrement).
C’est la capacité à se souvenir plus facilement des dernières informations auxquelles un individu a été confronté.
Bettina : En septembre 2025, l’étude OpinionWay pour BlackRock a interrogé plus de 1000 Français afin de mieux comprendre comment leurs réflexes et leur psychologie influençaient leurs décisions d’investissement.
Parmi les comportements les plus marquants, on retrouve le biais d’ancrage : cette tendance à rester fixé sur la première information (l’« ancre ») qu’on reçoit lorsqu’on prend une décision ou lorsqu’on fait une estimation. Même si cette première information est arbitraire ou peu pertinente, elle influence inconsciemment nos jugements ultérieur.
En bourse c’est souvent le prix d’achat d’un titre : 55 % des investisseurs garderaient une action si sa valeur tombait sous ce seuil et 22 % la vendraient pour réinvestir ailleurs. Seuls 19 % profiteraient de la baisse pour en acheter davantage.
Edouard, est-ce que tu peu nous en dire plus sur ce biais ?
Edouard : Merci Bettina, presque tout est résumé dans le nom de ce biais.
Son nom évoque en effet la notion d’ancrage au sens de blocage ou de fixation. On fait ici directement référence à des repères mentaux, dont on peine à s’affranchir, qui bloquent le raisonnement. On visualise bien l’attache que représenterait une ancre marine et toute sa lourdeur alors même que l’on souhaite avancer !
En matière d’investissement ce biais figure parmi les plus fréquents. Il prend souvent la forme d’une référence constante à un point d’entrée et donc finalement à l’existence d’une plus ou moins-value pour prendre une décision de cession. Le raisonnement est ainsi bloqué - au sens propre – par l’ancrage que représente ce prix de référence au lieu de se laisser guider par les perspectives.
Dans ces considérations, parfois en cumulant avec l’évitement de la perte mis en lumière aussi par l’étude, nous avons tendance à céder trop tard un actif en moins-value.
Plus globalement le biais d’ancrage nous incite à laisser inchangées nos hypothèses de raisonnement alors même que le contexte géopolitique, macro-économique ou spécifique à un investissement a changé radicalement par rapport à notre première analyse.
Bettina:
Pour ne pas tomber dans le piège du biais d’ancrage, il y a plusieurs astuces simples à garder en tête.
D’abord, il ne faut pas se contenter d’un seul point de repère ou d’une première impression et prendre le temps de la réflexion : décider à chaud, c’est souvent se laisser influencer par son premier ressenti. Mieux vaut prendre du recul en laissant passer un peu de temps, confronter ses idées à des données objectives, multiplier les sources d’information.
Un autre point important : ne jugez pas vos investissements uniquement à l’aune de la plus ou moins-value latente ou du prix d’achat. Ce qui compte, c’est le potentiel de croissance réel. Si une opportunité n’a plus de perspectives, il vaut parfois mieux tourner la page et aller voir ailleurs.
Enfin, adaptez vos repères au contexte : si l’environnement économique change, comme une baisse des taux d’intérêt, il faut ajuster ses attentes et ne pas rester bloqué sur des références du passé. Bref, l’idée, c’est de rester curieux, de comparer, et de ne jamais s’enfermer dans ses premières impressions.
C’est la tendance à donner plus d’importance à la première information reçue sur un sujet, au détriment des données ultérieures.
Bettina : En septembre 2025, l’étude OpinionWay pour BlackRock a interrogé plus de 1000 Français afin de mieux comprendre comment leurs réflexes et leur psychologie influençaient leurs décisions d’investissement.
Et les résultats montrent à quel point le regard des proches compte : presqu’autant de Français se fient à leur entourage qu'à des professionnels pour orienter leurs choix (46% contre 47%), il s’agit du biais de suivisme.
Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce biais Edouard ?
Edouard : Merci Bettina pour cette question judicieuse.
Ce biais, comme son nom l’indique, se définit comme le fait de suivre un tiers ou un évènement sans esprit critique. Et c’est dans cette dernière partie que se trouve la réponse à votre question : rester maître de ses décisions c’est précisément garder un esprit critique pour prendre des décisions de façon éclairée. Ainsi, on pourra tout à fait accompagner une tendance mais après une décision mûrement réfléchie et non subie.
Le suivisme fait partie de la famille des biais sociaux, qui nous amènent à prendre des décisions par rapport à ce que font les autres. Or, ce qui est bon pour l’un au regard de sa situation et de ses préférences ne sera pas forcément approprié pour un autre.
Malheureusement, l’émergence des réseaux sociaux induit un risque accru de développement de ce biais de suivisme. En effet, l’étude démontre que chez les plus jeunes, cette influence est encore plus forte — 27 % écoutent en priorité les influenceurs, parfois avant les experts. Ces réseaux constituent un canal d’information intéressant mais ne doivent pas faire oublier la nécessité de rester maître de ses décisions, peu importe le média utilisé pour s’informer.
Bettina : Si le fait d’échanger avec un tiers permet de prendre un peu de recul et de distance, notamment avec les biais émotionnels, il est important de garder son libre-arbitre et de se détacher des tendances et effets de mode qui peuvent se révéler néfaste. Ce n’est pas parce qu’une majorité agit qu’elle a raison: toutes les « bulles » de marché qui ont éclaté nous le rappellent.
Il est important de garder son libre-arbitre et de se répondre à ses exigences propres.
Le choix des solutions d’investissement doit reposer sur des objectifs et des contraintes personnelles et que ce qui est choisi par un tiers – et adapté à ses circonstance – n’est pas forcément pertinent pour soi-même.
C’est la tendance à imiter les décisions ou comportements d’autres investisseurs.
Bettina : En septembre 2025, l’étude OpinionWay pour BlackRock a interrogé plus de 1000 Français afin de mieux comprendre comment leurs réflexes et leur psychologie influençaient leurs décisions d’investissement.
La conclusion est qu’une large majorité des Français se montrent perméables à ces biais lorsqu’ils prennent une décision d’investissement en bourse : 82% des interviewés se projettent dans au moins une situation décrivant un des biais comportementaux. En moyenne, ils déclarent se reconnaitre dans 2 situations illustrant un biais cognitif.
Parmi ces biais, un ressort particulièrement, le biais d’aversion aux risques. Ici le constat est clair : ils ont plus peur de perdre, qu’ils n’ont envie de gagner ! 55 % préfèrent un placement sécurisé à 3 % garantis, même si cela limite les performances, et 44 % veulent avant tout éviter toute perte.
Edouard, est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce biais ?
Edouard : Oui Bettina, bien entendu.
Comme les chiffres l’illustrent, ce biais nous amène à privilégier l’évitement de l’incertitude avant toute considération des perspectives de gains d’un investissement. Ce biais se traduit généralement par une aversion spécifique à la perte ; perte que l’on ressent comme trop douloureuse pour être supportée.
L’impact principal de ce biais réside donc dans la perception erronée du couple risque / rendement, en accordant une importance démesurée à la perception de la perte par rapport au plaisir du gain éventuel. On sait en effet depuis 1979 et la théorie des perspectives que la douleur de la perte est deux fois supérieure au plaisir procuré par un gain.
Autre point notable, l’étude réalisée confirme les conclusions des recherches académiques sur le fait que ce biais touche davantage les femmes qui prennent des risques plus maitrisés : 59% privilégient ainsi un investissement sécurisé contre 50% pour les hommes. Sans surprise également, les jeunes, notamment les 18-24 ans, sont plus enclins à prendre des risques (57 %).
Bettina : Bien sûr il faut être conscient et pleinement accepter le risque de perte en capital d'un investissement, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que les perspectives de rentabilité de cet investissement, sont, en toute logique, proportionnelles au degré de risque.
Il n’est en effet pas possible de s’attendre à des perspectives intéressantes d’un placement sans prendre un minimum de risque. On doit donc bien calibrer la partie de son investissement qui tolèrera une prise de risque (rapportée à ses avoirs, revenus, ses objectifs) afin de saisir des opportunités appropriées sur le marché.
C’est le fait de systématiquement choisir entre plusieurs possibilités d’investissement celui qui minimise son risque de perte, plutôt que celui qui offre les meilleures perspectives de gain.
Mars 2026
Nos décisions d’investissement ne sont pas toujours aussi rationnelles qu’on le pense. Cette étude OpinionWay pour BlackRock met en lumière l’influence de biais comportementaux, souvent inconscients, qui peuvent freiner le passage à l’action des investisseurs français.

Les ETF figurent parmi les produits d’investissement à la croissance la plus rapide en Europe.¹ L’étude « People & Money 2025 » met en lumière leur fort potentiel et les leviers pour renforcer la confiance des nouveaux investisseurs.
1BlackRock People and Money/YouGov Plc. Novembre 2025.