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Dans une période marquée par une profonde incertitude, une part croissante de la valeur économique se crée sur les marchés de capitaux. Cela offre une opportunité considérable, mais uniquement pour ceux qui investissent à long terme.
Les pays investissent davantage chez eux, la richesse afflue principalement vers les détenteurs d'actifs, et l'IA risque d’accélérer cette tendance, créant davantage de valeur, mais en la concentrant parmi ceux qui ont déjà investi.
Développer l'investissement à long terme (par le biais des régimes de retraite, d'un accès plus précoce et de la modernisation des marchés) peut permettre à un plus grand nombre de personnes de profiter de la croissance économique et d'assurer leur sécurité financière sur le long terme.
Comme chaque année, je rédige cette lettre en m'inspirant des échanges que j'ai eus tout au long de l'année avec divers clients, collaborateurs, grands dirigeants et chefs d'entreprise, ainsi qu'avec des épargnants qui investissent pour leur retraite. Ces derniers temps, quel que soit l'interlocuteur, la même question revient inlassablement : comment réagir face à la situation actuelle ?
La question se pose en effet. Notre époque est le théâtre de phénomènes qui, autrefois, auraient marqué toute une décennie, mais qui sont aujourd’hui banalisés : conflits armés ayant des répercussions mondiales, entreprises pesant plusieurs milliers de milliards de dollars, recomposition fondamentale du commerce international et avènement d’une technologie sans précédent depuis, au moins, celle de l’ordinateur.
Tout cela est trop souvent considéré sous l'angle du court terme. Les fluctuations quotidiennes des marchés sont interprétées comme des signes de changements durables, et les processus complexes de transition économique ou technologique sont réduits à de simples gros titres. Nous vivons dans un monde où l'information circule instantanément, et où les réactions s'enchaînent tout aussi rapidement. On a parfois l'impression d'être sous l'emprise de la dopamine, l'apport constant d'informations venant nourrir nos pulsions à court terme. Mais ce rythme effréné a tendance à brouiller les perspectives, empêchant toute réflexion à long terme.
Certes, cette logique de court terme n'est pas dénuée de sens sur les marchés financiers. Elle permet d'intégrer les nouvelles informations, d'évaluer les risques et d'affecter les capitaux.
Mais sur le long terme, rester investi importe bien plus que tenter de saisir le moment opportun. Au cours des vingt dernières années, chaque dollar investi dans l'indice S&P 500 a vu sa valeur multipliée par plus de huit. En manquant simplement les dix meilleures journées, vos gains auraient été divisés par plus de deux.1 Or, certains des jours de bourse les plus performants ont coïncidé avec une actualité particulièrement préoccupante.
Le danger réside dans le fait de trop s'attarder sur l'agitation ambiante au point d'en oublier ce qui compte vraiment. Les forces en jeu derrière l'actualité d'aujourd'hui sont à l'œuvre depuis longtemps. Le vieux modèle de capitalisme mondial est en train de se fissurer. Les pays déploient des sommes colossales pour atteindre l'autosuffisance, tant en matière d'énergie que de défense et de technologie.
Parallèlement, l'essentiel des richesses s'est retrouvé entre les mains de ceux qui possèdent des actifs, et non de ceux qui gagnent l'essentiel de leur argent en travaillant. Depuis 1989, chaque dollar investi sur le marché boursier américain a vu sa valeur multipliée par plus de 15 par rapport à celle d’un dollar lié au salaire médian.2 Aujourd’hui, l’IA menace de reproduire ce schéma sur une échelle encore plus grande, en concentrant les richesses entre les mains des entreprises et des investisseurs déjà positionnés pour les capter.
Voilà d'où provient en grande partie l'inquiétude qui règne aujourd'hui sur le plan économique : le sentiment profond que le capitalisme fonctionne, mais pas pour suffisamment de personnes. Et le fait de miser sur l'investissement à court terme ne résoudra pas ce problème. Ce sont au contraire les investissements à long terme qui permettent aux États de développer leurs industries nationales et aux citoyens de se constituer un patrimoine durable en leur montrant comment la croissance de leur pays peut également leur être bénéfique.
Lorsqu'il déploie pleinement ses effets, l'investissement à long terme accomplit une sorte de miracle civique. En effet, lorsque les particuliers investissent leur épargne sur plusieurs décennies et non à l'échelle de quelques jours, les marchés de capitaux mobilisent cette épargne pour financer des entreprises, des infrastructures et des emplois. Et lorsque cette dynamique s'installe, un lien se crée entre votre avenir et celui de votre pays. Vous contribuez à financer sa croissance. Il contribue à financer la vôtre.
Ma conviction dans ce miracle civique est certes nourrie par mon métier. Mais je ne m'exprime pas uniquement en tant que dirigeant de BlackRock. Cette conviction est le fruit de dizaines d'années d'expérience durant lesquelles j'ai pu constater à quel point l'investissement pouvait permettre à davantage de personnes de profiter de la croissance économique.
Cette conviction repose également sur une dimension plus personnelle. Mon père est né en 1925. Ma mère, en 1930. Ils n'étaient pas issus d'un milieu aisé. Mon père tenait un magasin de chaussures. Ma mère enseignait l'anglais. Mais ils mettaient de côté ce qu'ils pouvaient et l'investissaient.
Nous étions dans les années 1950 et 1960, une période marquée par la construction du réseau autoroutier américain, un essor industriel sans précédent et une transformation radicale du mode de vie des Américains sous l'impulsion de l'industrie automobile. À leur manière, aussi modeste fût-elle, mes parents ont contribué à financer tout cela. Ils ont contribué aux capitaux qui ont bâti l'Amérique moderne. Et au fil du temps, ils en ont récolté les fruits. Lorsqu'ils ont pris leur retraite, leur épargne était suffisante pour leur permettre de vivre confortablement bien au-delà de 100 ans. Pourquoi ? Parce que leur patrimoine avait fructifié parallèlement au développement de l'économie américaine.
Cette dynamique dépasse largement les frontières des États-Unis. Quel que soit le pays ou la génération, le schéma se répète de manière frappante. Les familles qui investissent de manière diversifiée et régulière, et ce, même en période de dépression ou de conflit, d’inflation, de crise financière, voire de pandémie mondiale, ont vu leur patrimoine prospérer parallèlement à l’économie. Cette expérience du passé est la raison pour laquelle je reste optimiste à long terme. Pas parce que le chemin est pavé de roses, mais parce que les marchés ont tendance à récompenser ceux qui restent investis malgré l'incertitude.
Tel est le sens du moment présent. Élargir cette opportunité. Permettre à davantage de personnes de prendre part à la croissance de leur pays. Car aujourd'hui, elles sont trop nombreuses à en être exclues.
Un grand nombre de ménages vivent avec un budget serré et n'ont tout simplement pas les moyens d'investir. Comment investir quand on ne sait pas si l’on pourra payer son loyer le mois prochain, ses courses la semaine prochaine ou une facture imprévue ? La première étape consiste donc à aider les gens à s'assurer une sécurité financière de base.
Ce processus est déjà en marche. Les comptes d'épargne d'urgence, sur lesquels l'employeur peut verser une contribution équivalente à celle de l'employé et qui permettent à ce dernier d'effectuer des retraits sans pénalité, commencent à s'imposer. Par ailleurs, des expérimentations sont menées dans un nombre croissant de pays, avec la création de comptes d'investissement alimentés dès la naissance pour permettre aux enfants de participer à la croissance de leur pays dès leur sortie de l'hôpital.
Même lorsque l'épargne existe, la participation reste limitée. Les États-Unis affichent probablement le taux de participation au marché le plus élevé au monde. Or, près de 40 % de la population n'a toujours pas accès aux marchés financiers.3 À l'échelle mondiale, ce taux est encore moins élevé.4 Des milliards de personnes voient l’économie de leur pays se développer sans y prendre part, comme des locataires plutôt que comme des propriétaires, plaçant leur épargne sur des comptes bancaires peu rémunérateurs au lieu d'investir pour participer à la croissance qui les entoure.
Les marchés sont efficaces dès lors que les investisseurs ont confiance dans le fait qu'ils peuvent acheter et vendre à un prix équitable. Cette confiance permet aux entreprises de lever les capitaux dont elles ont besoin pour se développer, et aux familles de diversifier leurs placements entre de nombreux actifs à moindre coût au lieu de tout miser sur un seul. Élargir l'accès à ce système en améliorant les technologies et en renforçant la culture financière permettrait à davantage de personnes de profiter de la croissance économique. À terme, ces mêmes avancées technologiques pourraient également contribuer à renforcer la transparence, voire à élargir l'accès à certains pans des marchés privés, comme les infrastructures et le crédit privé, qui étaient jusqu'à présent hors de portée de la plupart des investisseurs particuliers.
La moitié de la population mondiale dispose d'un portefeuille numérique sur son téléphone.5 Imaginez si ce même portefeuille numérique vous permettait également d'investir sur le long terme dans un large éventail d'entreprises avec la même facilité que lorsqu'il s'agit d'effectuer un paiement. La tokenisation pourrait permettre d'accélérer ce processus en réorganisant l'architecture du système financier, facilitant ainsi l'émission, la négociation et l'accès aux investissements.
Dans cette lettre, je commencerai par évoquer les enjeux qui justifient l'urgence de ce débat à l'heure actuelle : la réorganisation du commerce mondial, les inégalités croissantes au cours de la dernière génération, et la manière dont l'IA menace de creuser ce fossé en l'absence d'une participation plus large au marché.
Je citerai ensuite quatre exemples, parmi tant d'autres, illustrant la façon dont certains pays encouragent déjà la participation au marché et permettent à leurs citoyens de mieux profiter de la croissance économique.
La dernière partie sera consacrée à la collaboration de BlackRock avec ses clients, laquelle contribue à faire progresser bon nombre de ces mêmes objectifs.
Un dernier point : la rédaction de cette lettre relève de mes obligations envers nos actionnaires et nos clients. Mais il s'agit avant tout d'une lettre. Or, les lettres ont pour but d'engager le dialogue. J'espère qu'il en sera de même pour celle-ci. Je chercherai à recueillir un large éventail de points de vue, et je compte mettre en avant ceux qui contribueront de manière significative à faire avancer le débat.
Voilà d'où provient en grande partie l'inquiétude qui règne aujourd'hui sur le plan économique : le sentiment profond que le capitalisme fonctionne, mais pas pour suffisamment de personnes.
Le monde se réorganise selon une logique d'autosuffisance, et cela coûte cher. Les richesses colossales créées depuis plusieurs générations ont essentiellement afflué vers ceux qui détenaient déjà des actifs financiers. L'IA menace aujourd'hui de reproduire ce schéma sur une échelle encore plus grande. Chacune de ces forces, à elle seule, suffirait à remettre en question notre façon d'investir. Ensemble, elles étayent l'argument suivant : pour que davantage de personnes participent à la croissance future, le processus d'investissement à long terme doit être simplifié, généralisé et rendu plus accessible.
Chaque pays aborde la question suivante à sa manière : comment amener davantage de personnes à investir dans leur propre économie ? Aux États-Unis, la solution passe avant tout par la mise en place de comptes d'épargne dès le plus jeune âge et par un débat nécessaire sur la sécurité sociale. En Inde, un milliard de smartphones sont en train de devenir des passerelles vers les marchés de capitaux. Au Japon, l'adoption d'une nouvelle mesure a permis l'entrée de dix millions de nouveaux investisseurs sur le marché en trois ans.
Davantage de personnes devraient pouvoir prospérer au même rythme que leur pays. Au service de nos clients dans plus d'une centaine de pays, nous aidons les particuliers à investir à long terme, soutenons les économies dans le développement de leurs marchés de capitaux et facilitons les liens entre les deux.
La plateforme de BlackRock repose sur des moteurs de croissance liés à l'expansion à long terme des marchés financiers mondiaux et à la croissance rapide de ses canaux de distribution et de sa gamme de produits.
En conclusion, je tiens à remercier sincèrement l'ensemble du personnel de BlackRock. Lorsque nous avons fondé cette entreprise il y a 38 ans, nous espérions pouvoir un jour recruter les esprits les plus brillants du secteur financier au sein de notre équipe. C’est chose faite. Aujourd'hui, après près de quarante ans passés au sein de BlackRock, ma passion pour mon travail reste intacte grâce, avant tout, à nos collaborateurs. Je tiens donc à exprimer toute ma gratitude à l'ensemble de mes collègues de BlackRock.
Quant à vous, chers clients de BlackRock, je tiens à vous remercier pour votre confiance. Nous savons combien le choix du gestionnaire de votre patrimoine est une décision importante, et nous l'apprécions à sa juste valeur. Être à votre service est un réel privilège.
Cordialement,

Laurence Fink
Chairman and Chief Executive Officer
1. BlackRock ; Bloomberg au 31 décembre 2025. Les actions sont représentées par l’indice S&P 500, un indice non géré généralement considéré comme représentatif du marché boursier américain. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Il n’est pas possible d’investir directement dans un indice.
2. Basé sur la croissance de 1 000 USD investis dans le S&P 500 au premier trimestre 1989 jusqu’au troisième trimestre 2025, avec réinvestissement des dividendes. Sur cette période, 1 000 USD deviennent un peu plus de 18 000 USD après ajustement pour l’inflation. Sur la même période, les gains hebdomadaires médians réels publiés par le Bureau of Labor Statistics (BLS) sont passés de 323 USD au T1 1989 à 376 USD au T3 2025 (en dollars de 1982–84), ce qui implique une croissance réelle des salaires d’environ 16 %. Le ratio entre le multiple réel du marché boursier et le multiple réel des salaires donne une comparaison d’un peu plus de 15 pour 1, résumée dans le texte par « plus de 15 fois ».
3. S. Securities and Exchange Commission,, Participation des ménages américains aux marchés de capitaux, 2025. Basé sur les données les plus récentes disponibles en 2022. Le chiffre inclut les ménages américains détenant directement ou indirectement des actions ou des obligations.
4. Financial Times, Bruxelles souhaite que les épargnants européens investissent davantage sur les marchés boursiers, 2025. Il est noté qu’« environ un tiers des Européens détiennent des actions, contre plus de la moitié des ménages aux États-Unis ». 2. Axios, Une part record de ménages américains possède désormais des actions, 2023. Il est noté que « la part relativement élevée de ménages détenant une participation au marché boursier est une caractéristique distinctive du capitalisme américain, qui le distingue d’autres grandes économies avancées comme le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Canada, où la participation aux marchés actions est beaucoup plus faible ».
5. Juniper Research, Marché des portefeuilles numériques : 2025–2030, 2025.
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