Perspectives des titres à revenu fixe canadiens pour 2016

Perspective à long terme :
une croissance lente,
mais constante

25 juil. 2016

Compte tenu du faible nombre de sources de croissance intérieures, le Canada et ses perspectives économiques seront liés à la trajectoire de la croissance mondiale.

 



L’économie canadienne est ouverte et intimement liée non seulement à sa contrepartie américaine, mais aussi à l’ensemble de l’économie mondiale. Les Canadiens, qui ont longtemps bénéficié des avantages de cette ouverture économique, ont été confrontés à ses inconvénients en 2015. La faible demande mondiale de produits de base, le déséquilibre persistant de l’offre de pétrole ainsi que la vive concurrence entre les marchés d’exportation ont entravé la croissance pendant une grande partie de l’année. La contraction du PIB au cours des deux premiers trimestres de 2015 a été suivie par une croissance anémique au cours des troisième et quatrième trimestres.

L’année 2016 sera-t-elle différente? Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord replacer en contexte la performance économique du Canada, dans le cadre de la conjoncture mondiale.

Conjoncture mondiale : les cycles économiques progressent

Dans le passé, différents cycles économiques – par exemple, le cycle commercial, le cycle du crédit et le cycle de valorisation – ont eu des répercussions sur les résultats de placement en raison de leurs interactions complexes. Toutefois, au cours de la période remarquablement longue qui a suivi la crise financière de 2007-2008, la conjoncture macroéconomique mondiale a été dominée par le cycle de politique monétaire. Le crédit bon marché a fait grimper le prix des actifs, rendant difficile l’interprétation des cycles du crédit et des valorisations. Il a aussi inondé le marché de liquidités, occultant le cycle commercial.

La situation pourrait toutefois changer en 2016. L’afflux de fonds bon marché pourrait commencer à se tarir, étant donné que la Réserve fédérale américaine (Fed) amorcera la fermeture des vannes, mais très graduellement. En raison du retrait graduel prévu des mesures de relance monétaire, les autres cycles revêtiront une importance accrue, pour la première fois depuis la crise financière, pour déterminer les résultats de placement. À mesure que la dominance de la politique monétaire s’atténuera, l’atonie remarquable de la reprise ayant suivi la crise deviendra plus évidente. En termes réels, la taille de l’économie de la zone euro est restée pratiquement la même qu’au début de 2008. Au Japon, le spectre de la récession a refait son apparition.

Les pays émergents sont confrontés à toute une série de problèmes structurels et cycliques, tandis que le ralentissement de l’économie chinoise est désormais indéniable. La croissance de l’économie américaine depuis la crise a été la moins forte en plus de 50 ans1, mais elle suit au moins une trajectoire positive. D’autres pays, comme le Canada, continuent d’espérer qu’un regain de vigueur de la reprise américaine emporte leurs économies dans son sillage. Ils risquent fort d’être déçus.

La conjoncture cyclique est difficile à déchiffrer : la perspective est brouillée par l’émergence de profondes tendances structurelles. Dans les pays industrialisés, la population vieillit. Les secteurs public et privé cherchent à réduire leur endettement très élevé. Les nouvelles technologies provoquent un déplacement des travailleurs ainsi qu’une baisse des salaires. Ces facteurs répriment la demande. Le monde risque de ne plus retrouver les taux de croissance économique soutenus auxquels il s’était habitué avant la crise. L’inflation et les bénéfices des sociétés pourraient s’établir dans une fourchette largement inférieure aux moyennes historiques.

Une croissance soutenue,
mais lente, pour le Canada

Compte tenu du faible nombre de sources de croissance intérieures, le Canada et ses perspectives économiques seront liés à la trajectoire de la croissance mondiale. La baisse des prix du pétrole et des produits de base, conjuguée à la mollesse de la reprise mondiale, a plombé la croissance canadienne en 2015. Cette situation ne devrait pas changer en 2016, car l’économie mettra des années à faire les rajustements structurels nécessaires pour se remettre du choc pétrolier. Selon nous, l’économie canadienne enregistrera une croissance modérée et la croissance du PIB réel atteindra tout juste 1,5 %.

Résumé des prévisions

Forecast summary

Source: Bloomberg et BlackRock

Ces prévisions modestes sont fondées sur notre analyse des facteurs de croissance, dont le potentiel de hausse supérieure aux attentes est faible.

Aubrey Basdeo
Directeur général et responsable des titres à revenu fixe canadiens chez BlackRock